Visite d’Etat L’axe Conakry – Niamey se renforce

Visite d’Etat L’axe Conakry – Niamey se renforce
Écrit par Diao Barry
Dimanche, 10 Juin 2012 21:15
Ce samedi 9 juin, le Président nigérien Mahamadou Issoufou est en Guinée. A 9h30, il a été accueilli à l’aéroport de Conakry-Gbessia par le Président Alpha Condé. A 10h, les deux hommes sont arrivés à la Villa des hôtes de Belle vue, où ils ont eu un huis clos de deux heures.
Pendant ce temps, des femmes vêtues de jaune (couleur du parti au pouvoir) chantaient et dansaient dehors en agitant des drapeaux aux couleurs du Niger. A 12h, le cortège présidentiel prend la direction du Palais du peuple. Là, la mobilisation n’a pas été à la hauteur de l’événement. La moitié de l’esplanade était à peine occupée. Trois discours, dont celui de bienvenu de Cdt Sékou Resco Camara, gouverneur de Conakry qui a décerné une attestation au Président hôte, l’élevant à la dignité de citoyen d’honneur de Guinée. « J’étais déjà citoyen de Guinée, j’étais déjà citoyen de Conakry. Le gouverneur de Conakry vient de confirmer ma citoyenneté guinéenne », s’est réjoui le Président nigérien.
Une retrouvaille entre copains
Les Présidents guinéen et nigérien sont des amis de longue date ayant des éléments en partage. Tous deux anciens dirigeants de la FEANF (Fédération des étudiants d’Afrique noire en France), aujourd’hui devenus Chefs d’Etat après une longue période d’opposition. Ils sont également membres de l’International socialiste. Ces traits communs leur confèrent, selon Alpha Condé, « une grave responsabilité », qui est de montrer que l’Afrique n’est pas condamnée à la misère. La longue amitié entre Condé et Issoufou a été ressortie dans les discours deux hommes qui se sont lancés de fleurs. Le Président Alpha Condé trouve que le Niger sous Mahamadou Issoufou se porte mieux. Le Sahel n’est plus une fatalité. En dépit de la faible pluviométrie, le pays ne serait plus menacé par la famine et se passerait même de l’aide internationale. Le Niger reste aussi un havre de paix, malgré le nombre important de réfugiés qu’il accueille sur son sol suite à la chute de Kadhafi, les crises malienne et bissau-guinéenne. En retour, le président nigérien dira : « J’avais fait le serment de revenir dans une Guinée démocratique et libre. Aujourd’hui, grâce à ton combat et à celui de tous les patriotes guinéens, la Guinée est libre. La Guinée est libre, dirigée par le combattant de la liberté que tu as toujours été. Par toi, le grand démocrate qui a consacré une grande partie de sa vie à l’idéal démocratique partout où cela s’avérait nécessaire. Je salue le grand résistant qui n’a eu de cesse de dénoncer les injustices et les autoritarismes ».
Un souvenir amer
Les Présidents Condé et Issoufou n’ont pas partagé que des bons souvenirs : « Aujourd’hui est une journée historique. Il y a quelques années, le président actuel du Niger est venu en Guinée avec d’autres leaders pour que nous organisions un séminaire. Il a gardé un très mauvais souvenir car on a envoyé les gardes du CMIS (ndlr : Compagnie mobile d’intervention et de sécurité) les bousculer, les remettre dans l’avion et les chasser de la Guinée. Mais j’ai pris l’engagement qu’un jour, il viendra en Guinée et qu’on lui déroulera le tapis rouge » a dit le Chef de l’Etat guinéen. De l’autre côté, le Chef de l’Etat nigérien s’est aussi rappelé : « Je suis d’autant plus ému que je viens au moment où tu (ndlr : Alpha Condé) présides aux destinées du grand peuple de Guinée, neuf ans après notre expulsion de l’aéroport de Conakry, alors que sur invitation du RPG (parti au pouvoir), nous étions venus participer à un séminaire ».
De la sous-région
Dans leurs discours, les deux Présidents n’ont pas occulté les questions sous régionales, notamment les crises politiques au Mali et en Guinée-Bissau. Le Président Issoufou préconise l’unité : « L’Afrique doit forcément s’unir. L’heure est venue pour nos pays de prendre en charge leurs problèmes communs de façon collective. Il faut renforcer leur cadre d’intégration à tous les niveaux. Notre région est confrontée à des nombreuses menaces. Nous avons le plus grand intérêt d’avoir des positions communes fortes orientées vers la défense de l’intégrité du territoire malien et la sauvegarde de la démocratie dans ce pays ».
Même si le Président Condé trouve que Conakry et Niamey gardent les mêmes positions, leurs approches face aux questions sous régionales et africaines semblent différentes : « Nous sommes opposés aux coups d’Etat au Mali et en Guinée-Bissau, nous avons refusé de reconnaître le capitaine Sanogo, nous avons refusé qu’on lui donne le titre d’ancien président. Nous avons refusé de reconnaître le gouvernement qu’on est en train d’imposer au peuple de Guinée-Bissau. C’est le peuple qui doit désigner son président. Quelqu’un qui a eu 47 % au premier tour ou 49 %, on ne peut pas le mettre dehors pour mettre des gens parce qu’ils ont été vos candidats au premier tour. Aujourd’hui, le monde entier nous donne raison. Nous avons dit à Dakar, il faut intervenir militairement à Bamako comme l’Afrique du Sud l’avait fait au Burundi pour assurer la sécurité des hommes politiques. Cela est d’autant plus nécessaire quand on a vu ce qui s’est passé. Comment peut-on rentrer dans un Palais présidentiel et aller malmener un président ? Nous avons dit que nous intervenons militairement pour chasser les forces islamistes du nord et d’assurer la sécurité du Mali ».
Après le banquet de cette nuit à Sekhoutouréyah, le président nigérien reprendra son vol dès demain dimanche 10 juin.
Diao Barry/Lejourguinee
 

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